« Mon histoire avec les laïcs assomptionnistes »

Religieux assomptionniste de la province d’Afrique, le P. Charles Muvunga témoigne de son expérience avec les différents groupes de laïcs assomptionnistes qu’il a côtoyé en RD Congo, en Tanzanie et au Kenya.

« Mon expérience de vie apostolique au sein du groupe de laïcs assomptionnistes est une aventure qui me fait découvrir une autre face de la beauté assomptionniste. À l’heure où l’alliance se concevait, d’aucuns se demandaient si nous n’étions pas au point de perdre notre identité. Néanmoins, l’alliance nous fait travailler pour la même cause en gardant chacun son statut. Ainsi, plutôt que de perdre l’identité assomptionniste, nous l’exprimons pleinement dans l’harmonie de diversité.

De même que l’amour s’évanouit de celui qui veut s’en approprier égoïstement, de même l’Assomption s’évanouirait de nos mains si nous refusions de partager notre charisme avec les laïcs. En réalité, c’est l’Esprit saint qui nous a révélé cette vérité qui ne peut être comprise que lorsqu’on accepte que le charisme d’une congrégation est un don, non seulement à une poignée d’élus, mais à l’Église toute entière, et par conséquent, à ses membres y compris les laïcs. Le partage de notre charisme avec les laïcs qui ont la passion du Règne de Dieu nous rend plus fidèles à la volonté du Père d’Alzon. C’est, d’ailleurs, une brèche d’espoir au surgissement des nombreuses vocations assomptionnistes.

Depuis sept ans, je suis très proche des laïcs assomptionnistes de trois différents milieux, à savoir, Beni (RDC), Nairobi (Kenya), et Arusha (Tanzanie). J’ai successivement encadré ces groupes en leur transmettant l’esprit assomptionniste pour qu’ils apportent leurs pierres à l’édification du Royaume de Dieu. Mon expérience m’a prouvé que les laïcs assomptionnistes sont des hommes et femmes de foi. En réalité, ils sont ouverts à la grâce, et se confient à la miséricorde de Dieu et à la Providence.

Les laïcs assomptionnistes luttent pour la cause de Dieu et de leurs semblables sous diverses formes au sein des contextes différents. Dès le départ, le groupe de Beni se dévoue à l’apostolat agapiste, c’est-à-dire, la charité ou la solidarité avec les pauvres, l’accompagnement des couples et de la jeunesse ; à Nairobi, nos laïcs se donnent au partages avec ceux qui sont dans les besoins, se joignent à nous pour la promotion de nos œuvres et ainsi, ils contribuent à la mission de l’Église ; à Arusha – jeune groupe de plus ou moins une année – nos laïcs sont encore à l’étape de la formation initiale. Ils sont tout de même assidus à la prière et au partage de la Parole de Dieu. Un des aspects les plus importants qui m’ont beaucoup marqué, c’est le soutien mutuel, rendant ainsi suave leur vie communautaire. J’avoue cependant que je n’ai jamais visité le groupe pilote de notre province d’Afrique, celui de Goma (RDC), qui met l’accent sur la prière, l’amélioration des couples ou des familles, et la solidarité avec les plus démunis.

Eu égard à ce qui précède, nous avions proposé trois priorités apostoliques en 2010, au sein du groupe de Nairobi, entre autres la solidarité avec les pauvres, l’accompagnement des couples, et l’éducation de la jeunesse. Ces choix d’apostolat correspondent aux besoins réellement ressentis par le peuple de Dieu que nous servons. Ces genres d’apostolat donnent à nos laïcs de se sentir à la maison dans l’Assomption. Très souvent, nos laïcs expriment leur joie d’appartenir à la famille de l’Assomption ; nombreux témoignent qu’ils ont trouvé des solutions adéquates à leurs problèmes à travers l’enseignement assomptionniste. Que Dieu soit loué pour cette merveille. Avec la présence des laïcs, l’Assomption connaît en fait un accroissement des ouvriers du Royaume, les défenseurs de la cause de Dieu et de la dignité de l’être humain.

Les laïcs assomptionnistes peuvent s’organiser sans nous, mais notre collaboration est nécessaire pour l’enrichissement mutuel. C’est en étant au milieu d’eux que j’ai réalisé qu’ils avaient besoin des documents pour leur formation et organisation. À Beni comme à Nairobi, j’ai composé des textes pour leur formation initiale ; à Arusha, je suis en train de rédiger un livret comme guide de vie pratique intitulé Lay Assumptionists, Guiding Document. Ce dernier trace les grandes lignes de la vie qu’ils mènent et fonde une certaine tradition. Pour finir, nous croyons fermement que l’alliance religieux-laïcs fera de l’Assomption une institution plus efficace que jamais. »

P. Charles Muvunga

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.