Présentation des statuts

Pourquoi une association ?

Les statuts que nous vous proposons ici sont le fruit d’un long travail entamé par la précédente commission Laïcs-Religieux. Leur élaboration a commencé parallèlement à celle du Chemin de Vie. Ils en constituaient, en quelque sorte, le pendant institutionnel même si, ensuite, les deux textes ont connu des destinées différentes – fonder spirituellement l’Alliance apparaissant plus urgent que son expression institutionnelle.

La mise en œuvre du Chemin de Vie a toutefois souligné la nécessité d’une structure pour soutenir l’Alliance Laïcs-Religieux. Le forum des laïcs des 15-17 octobre 2010 avait ainsi expressément demandé au chapitre provincial la « mise en place d’une association au service du réseau des laïcs » (Recommandations III.1 et 2).

La première session du chapitre de la Province de France (13-21 novembre 2010) a repris cette recommandation que les délégués français, laïcs et religieux, ont défendue au Chapitre général de Rome (2-23 mai 2011). Celui-ci a demandé qu’« une structure juridique et canonique soit reconnue pour permettre aux laïcs assomptionnistes, qui en feront la demande, de se constituer en association de fidèles au sein de chaque Province avec l’autorisation du Supérieur général » (§149).

La Règle de Vie de la congrégation a été modifiée en conséquence (§57bis et 126j) et, en juillet, le chapitre de la Province de France recommandait « que la création d’une association de fidèles, au niveau canonique comme civil, avec un règlement intérieur à établir, soit soumise dès que possible à l’agrément du Supérieur général » (§ 111e).

Les délégués laïcs aux différents chapitres et les délégués désignés par le Provincial de France pour suivre l’Alliance Laïcs-Religieux ont alors repris les statuts élaborés précédemment pour les adapter aux nouvelles réalités.

Une association civile et canonique

Nous avons choisi de constituer une seule association qui bénéficiera du statut civil français de la loi de 1901 et du statut canonique reconnu par l’Église aux associations de fidèles. Le statut « loi de 1901 » n’est en effet pas incompatible avec un statut canonique. Une des premières tâches des nouveaux organes de l’association sera donc de demander au Supérieur général la reconnaissance canonique prévue aux §57bis et 126j de la Règle de Vie.

Le nom de l’association

Même si l’Alliance est, à proprement parler, la rencontre entre les religieux et les laïcs, entre la congrégation et l’association, il nous a paru important que le terme « Alliance » figure dans la dénomination de l’association des laïcs.
Le nom de l’association est donc « Alliance assomptionniste », qui pourra être sous-titrée par « Association des laïcs des Augustins de l’Assomption ».

Fonctionnement

Les membres. Nous avons opté pour un recrutement large : tous les laïcs en lien avec l’Assomption peuvent être concernés par l’Alliance (et pas seulement ceux qui se sont engagés sur le Chemin de Vie). Ont donc vocation à être membres de l’association tous les laïcs assomptionnistes selon la définition qu’en donne le Chapitre général lui-même : « une personne qui s’engage à vivre sa vocation baptismale et la mission qui en découle, en Assomption, dans l’Église et la société » (§143).

Les religieux ne sont donc pas membres de l’association (à l’exception notable du Provincial de France et de son délégué religieux à l’Alliance qui en sont membres de droit).

Nous avons un temps envisagé d’associer plus directement au fonctionnement de l’association les associations en lien avec l’Assomption déjà existantes. Mais cela supposait un système de collèges trop complexe pour une structure naissante. Ceci dit, rien n’empêche dans ces statuts qu’une personne morale devienne membre de l’association.

Les organes de l’association. Ces statuts sont conçus pour un fonctionnement collégial. C’est le conseil de l’association qui, « investi des pouvoirs les plus étendus pour administrer l’association » (art. 13), est au cœur de son fonctionnement (ce n’est donc pas un conseil « d’administration », ses compétences d’animation étant plus larges que la ratification des propositions du bureau). Dans ce contexte, le bureau, qui assure la gestion courante de l’association, est bien l’émanation du conseil dont il est l’expression permanente.

Afin d’être un organe suffisamment souple, le conseil se compose de 8 à 10 membres élus auxquels s’adjoignent des membres de droit (Le Provincial ou son représentant, ses délégués laïcs et religieux à l’Alliance). S’il n’est pas élu par ailleurs, le membre laïc de la commission internationale Laïcs-Religieux est invité aux travaux du conseil afin d’assurer la liaison avec Rome. Enfin, rien n’interdit au conseil d’inviter à ses travaux, à titre d’expert, d’autres membres de l’association…

Vu son rôle central, il sera donc nécessaire que la composition du conseil reflète la diversité des laïcs assomptionnistes (origine géographique, apostolats, engagement sur le Chemin de Vie, âge…). Le souci d’assurer cette diversité nous a paru incompatible avec un renouvellement des membres du conseil par tiers.

Enfin, au vu des nombreuses tâches qui s’annoncent déjà pour l’association, un travail par commissions, dont la composition dépassera largement les seuls membres du conseil, sera bien évidemment nécessaire.

Le lien avec l’Assomption. L’association n’existe pas sans la congrégation des Augustins de l’Assomption à laquelle elle est intimement liée. Il était donc nécessaire d’imaginer le rôle de la congrégation, dépositaire du charisme de l’Assomption, sans que celle-ci n’empiète sur la légitime autonomie des laïcs (principe de subsidiarité).

C’est pour cela que, outre la participation active du Provincial et de ses délégués à la vie de l’association, il nous a paru nécessaire de mettre en place un droit de véto du Provincial sur les décisions les plus importantes de l’association (conseil, assemblée générale extraordinaire). Il ne s’agit pas d’un pouvoir arbitraire : le provincial ne peut faire usage de ce droit que s’il estime que la décision qui s’apprête à être prise est « contraire au charisme de l’Assomption » (art. 12.4 et 18.3) et après un délai de réflexion.